Accueil arrow Opinions arrow Fabrication de produits agricoles non-écologiques et non-sécurisés

Opinions

Kikuo Oikawa    Professeur honoraire à l' Université de pharmacologie et des sciences appliquées de la vie de Niigata

Fabrication de produits agricoles non-écologiques et non-sécurisés

Kikuo Oikawa
Professeur honoraire à l' Université de pharmacologie et des sciences appliquées de la vie de Niigata

2010.1


Depuis plus de 25 ans, je mène d'un point de vue scientifique des travaux dans le domaine de la production agricole qui vise à être harmonieuse avec l'environnement, sécuritaire et saine pour la santé, avec la coopération des cultivateurs d'herbes fines et de légumes à consommer crus de la ville de Toride de la préfecture Ibaraki. Les résultats de ces expériences peuvent se résumer sous « azote nitrique ». Afin de réaliser une production agricole durable avec une faible charge environnementale, la production de légumes sains avec des fertilisants comme l'azote dont la quantité est minutieusement calculé pour un sol salubre s'avère être un facteur important.

Une « croissance saine des plantes » signifie des plantes se nourissant correctement à chaque stade de leur croissance grâce à l'enracinement consolidé dans un sol riche en humus, où des bactéries propices sont des plus actives, à la photosynthèse de l'énergie émise par le soleil, à la synthèse des protéines via l'assimilation de l'azote et au fonctionnement physiologiquement harmonieux des autres métabolismes afin de permettre la pousse. A l'état normal, les plantes absorbent l'azote du sol sous forme de nitrates d'azote en quantité suffisante et les synthétisent en protéines dans leur métabolisme. Ainsi, au niveau des feuilles, les nutritifs absorbés, présents sur les plantes sous forme de composants solubles et qui attirent les parasites comme les insectes nuisibles ou les microbes patogènes, ne sont quasiment pas présents. Le cas des légumes feuilles est identique, après ce processus sain, ces légumes contiennent des vitamines et des composants fonctionnels riches et une haute teneur en sucre contre une faible teneur en nitrates. Ils possèdent un goût très bon et de plus, se conservent longtemps : ils deviennent des produits agricoles de haute qualité.

Cependant, si l'on fertilise excessivement, au-dessus de la quantité nécessaire d'azote à titre d'exemple, ceci empêchera la synthèse normale des protéines et entraînera la stagnation de composants solubles excessifs tels que les acides nitriques, les aminoacides, les saccharidés, etc. dans le système du métabolisme. De plus, ceci détruira l'équilibre nutritionnel et influençera l'assimilation des micro-éléments, telles les plantes contenant des composants solubles abondants devenant de véritables oasis pour les les parasites comme les insectes nuisibles ou les microbes patogènes. Ce types de plantes agricoles étant sujettes à plusieurs maladies et aux dégâts dus à leur consommation par les insectes nuisibles, entraînant ainsi une necessité de recourir à l'insecticide.

Malgré les perturbations dans le système métabolique issues des troubles de la synthèse des protéines, du déséquilibre nutritionnel et de la teneur élevée en acides nitriques, l'apparence de ce type de plantes est très vivace et présente des teintes vives. Il n'en s'agit pas moins que ces plantes ne sont pas saines : le goût est mauvais et leur aspect nutritif est insuffisant, de plus leur transformation culinaire (vers la transformation en condiments ou en aliments cuits) et agroalimentaire est inadaptée. En outre, ces produits ne sont pas appropriés à la conservation.

D'après les essais de cultures de komatsuna (moutarde-épinard) et de mizuna (Brassica Rapa var. Nipposinica), il fut démontré que la vaporisation d'insecticide augmente la teneur en acides nitriques d'1,5 à 1,8 fois plus. Ce phénomène pouvant expliquer que l'insecticide influence le système métabolique de l'assimilation de l'azote et empêche la synthèse des protéines.

Dans le corps humain, les nitrates issus de la consommation des légumes sont réduits aussitôt en acides nitreux au niveau de la cavité orale et sont rapidement absorbés, dans l'estomac, puis pénètrent dans le sang et oxydent l'hémoglobine, créant ainsi la méthémoglobine. Si cette méthémoglobine se forme en trop grande quantité, elle entraînera une méthémoglobinémie. C'est ainsi qu'en Europe et aux Etats-Unis, dans les années 40, plus de 2000 nourrissons tombèrent malades du «Syndrôme du bébé bleu », causé par la consommation d'aliments de sevrage précuits et conservés dans des contenants scellés et stérilisés. Ce syndrôme a disparu de nos jours. En outre, l'absorption des nitrates peut former un composé N-nitroso au niveau de l'estomac sous la présence de dialkylamine et de condition d'acidité. Après des expérimentations animales menées sur des rats, il s'est avéré que ce composé N-nitroso est non seulement hautement cancérigène mais il influence aussi les cellules bêta des îlots de Langerhans du pancréas et freine la sécrétion d'insuline liée à l'augmentation du taux de glycémie dans le sang. Malgré tout, le processus causant des maladies comme le cancer par la consommation de produits agricoles contenant hautement des nitrates ne fut pas encore clairement vérifié, néanmoins, nous devons en tenir compte comme en tant que signal d'alarme.

A présent, nous allons nous pencher sur les valeurs des produits agricoles sains et de l'agriculture biologique.

L'histoire de la production agricole a traversé de longues périodes de production et de consommation de masse en recourant aux engrais chimiques et aux insecticides. Par la suite, après avoir envisagé la destruction de l'environnement et les dangers qu'encourait la durabilité de l'écosystème, le cap fut changé vers une agriculture conservatrice de l'environnement, parvenant ainsi à la promotion d'une agriculture bio en passant à la réduction des insecticides et des engrais chimiques. Ainsi, en janvier 2000, une législation concernant l'agriculture biologique soumise au standard JAS (Standard Agricole Japonais) fut établie, déterminant les conditions de la culture des produits agricoles de cette catégorie, tel que suit : (1) 3 ans minimum de non-utilisation d'insecticides sur les terrains agricoles destinés à la production, (2) Non-utilisation de l'insecticide, (3) Non-utilisation d'engrais chimiques, (4) En cas d'utilisation d'engrais, uniquement une utilisation d'engrais organiques autorisée.

Cependant, je dois signaler ici trois grandes erreurs de la législation sur l'agriculture biologique JAS. La première concerne le fait qu'elle ne décrit pas l'obligation d'utiliser du fumier dont la fermentation est achevée. Lors de l'utilisation de fumier organique, peu de cas présentent l'application de fumier avec des projets adéquates suite à des études effectuées au préalable sur les sols et les engrais, afin de déterminer la quantité de micro-éléments et de macro-éléments nécessaires. De plus, s'il s'agit de fumier dont la fermentation n'est pas achevée, les effets n'agiront pas rapidement, risquant d'entraîner un excès et une utilisation grossière. Le deuxième point concerne les composés de l'engrais organique. Cet engrais est fabriqué à partir de matières organiques telles des déchêts alimentaires et d'élevage, et d'herbes ou de branches d'arbres élaguées. Les composants de chaque élément sont totalement différents et loin d'être équilibrés, ainsi il est très difficile de fournir aux terrains agricoles les éléments nécessaires rien qu'avec de l'engrais organique, on ne peut donc éviter un mélange avec un ajout d'engrais chimiques. Le troisième point est le risque envers la santé par la présence de microbes et de parasites patogènes, notamment des microbes provocant des intoxications alimentaires humaines, d'ascarides et d'oxyures dans les produits agricoles biologiques, qui ne fut pas complètement résolu, autrement dit, la sécurité n'est pas assurée. La Loi sur la Promotion de l'Agriculture Organique établie en décembre 2006 pourrait accélérer encore ce type de fausse agriculture biologique.

La plupart de l'agriculture biologique de nos jours recourt aux « ordures » comme l'engrais organique, c'est-à-dire du fumier dont la fermentation n'est pas achevée et dans lequel on trouve des graines de mauvaises herbes ou des contenus en amoniaque. Leur ordeur attire de nombreux insectes nuisibles sur les terrains agricoles. Dans ce type de terrain, les engrais composés de fumier non-mature, de putréfaction par l'activité métabolique et l'anaérobie des micro-organismes, les gaz issus de cette putréfaction produisent de l'indole, du scatole, qui sont les composants de l'odeur des matières fécales, ainsi que de l'amoniaque et de l'acide butanoïque qui attirent plusieurs insectes nuisibles tels que les élatéridés, les mouches domestiques, les mouches des semis, les doryphores, ainsi que leurs pontes sur les terrains. Ainsi, le fumier dont la fermentation n'est pas achevée contient des microbes patogènes pour les plantes comme pour les humains. Dans ce contexte, l'agriculture biologique doit utiliser absolument un fumier complètement fermenté et il est nécessaire de réaliser des «terrains agricoles sains » avec des projets d'engrais adéquates établis suite à une analyse chimique préalable du sol et du composte utilisé. Lors de la réalisation des cultures via la méthode de réduction des insecticides et des engrais chimiques, ainsi que via l'agriculture biologique JAS, il est essentiel de mener des activités basés sur les données fondées du point de vue scientifique et d'assurer la sécurité alimentaire et celle des consommateurs.

De nos jours, la production agricole japonaise semble produire des produits agricoles non-sains malgré leur apparence attirante, ceci étant issus de la stérilisation du sol et de l'excès d'apport en engrais sans tenir compte de la réalisation primordiale d'un sol sain dans lequel l'activité des microbes est propice. Les conseillers agricoles distribuent aveuglément et systématiquement des directives en pulvérisation insecticide selon le calendrier prévu, sans se rendre compte qu'il s'agit d'un cercle vicieux dans lequel le sol non-sain attire les insectes nuisibles ou les microbes patogènes, amenant ainsi un nouveau besoin de recourir à l'insecticide... Les produits issus de ce système agricole deviennent quant à eux des produits non-sains. De plus, la plupart des consommateurs font confiance uniquement au fait qu'ils ne détectent pas d'insecticide. Nous devons à nouveau reconnaître l'importance de la consommation de produits sains issus de terrains sains pour la santé humaine et celle de la faune.

D'après la reconnaissance de l'état de la production agricole actuelle, le groupe d'agriculteurs de la préfecture Ibaraki a établi son propre standard « Bases de Production pour des Produits Agricoles de Haute Qualité (Production Basis for High Quality Agricultural Products) ». Je pense que ce standard est l'un des plus sévères dans le monde, bien au-dessus de l'Euro-GAP et du Japan-GAP. Actuellement, le concept de « Cradle to Cradle (Du Berceau au Berceau) », principalement mené par l'architecte américain William McDonough et le chimiste allemande Michael Braungart, a su attirer l'attention en tant que standard mondial de la production industrielle durable. Ces deux hommes viennent de commencer leur activité en coopérant afin d'établir non seulement un standard mondial industriel, mais aussi un standard mondial agricole.

Anglais / Chinois / Japonais

Profil de Kikuo Oikawa :

En 1967 obtint une maîtrise du cours post-universitaires de l'Université de Chiba (pharmacologie) puis entra au Japan Environmental Sanitation Center (JESC), en 1977 il fut chargé du cours de la Faculté de pharmacologie de l'Université de pharmacologie et des sciences appliquées de la vie de Niigata puis devint professeur adjoint et professeur dans la même faculté. En 2002, il fut professeur à la Faculté des sciences appliquées de la vie de la même université. En 2009, il devint professeur honoraire à la même université. Docteur en ingénierie. Occupe actuellement un poste de conseiller sur la qualité de l'eau au Bureau régional du développement de Hokuriku au Ministère de l'Aménagement du territoire, des Infrastructures, du Transport et du Tourisme. Membre du Comité d'évaluation sur l'impact environnemental de la Préfecture de Niigata et président du Conseil de l'environnement de la ville de Niigata. Spécialisé en sciences de la sécurité environnementale, en haut fonctionnement des charbons de bois et bambou, en système écologique de type recyclage des ressources, en sciences pour la sécurité et la haute qualité des produits agricoles. Ses œuvres : « Humains, environnement et sécurité – sciences pour la sécurité dans la vie quotidienne -» (co-auteur, éditions Kyoritsu), «Légumes sains et sécurisés vérifiés par la Science » (Direction, Maruzen), « Sciences pour l'Environnement et la Sécurité – Excercices et pratique -» (Rédacteur-auteur, éditions Sankyo).

Kazunari SASAKI Professeur en chef de l'Université de Kyushu et Directeur du Centre de recherche sur les piles à combustible des générations futures

Ouverture d’un Centre de recherche sur les piles à combustibles des générations futures issu d’un

Nobuo MIMURA, Vice-président extraordinaire de l'Université d'Ibaraki et Directeur de l'Institut des Sciences de l'adaptation aux changements globaux

Société durable et gestion avertie des risques

Yoshio SHIOYA, journaliste scientifique

Le traitement des preuves des procureurs (policiers) dans le cadre d’affaires criminelles

Yoshio SHIOYA, journaliste scientifique

Nous n'avons rien à nous reprocher

Masayasu MIYABAYASHI, Professeur et vice-président de Chiba Institute of Science, ancien Directeur Général de la Sûreté nucléaire de l'Agence de la Science et de la Technologie

La gestion des risques et des crises et les activités scientifiques et technologiques.  

Haruo KURASAWA, journaliste scientifique

Un accident nucléaire se produira à nouveau

Itsuro NISHIMOTO Chef de direction technique chez LAC Co, ltd

Les cyberespions ont déclaré la guerre ! Que devons-nous faire ?

Hidefumi KURASAKA Professeur à l'Institut d'études de Sciences humaines et sociales en 3ème cycle de l'Université de Chiba

L'introduction des énergies renouvelables sous la direction des collectivités locales

Katsunori IHA

Des villes amies des enfants !

Katsunori IHA

27 septembre, Jour du dépassement global qui correspond au jour où les ressources renouvelables pour

>> more