Une leçon tirée des opérations de tri
Le plus grand choc de 2009, pour des gens concernés par les sciences et les techniques, a été « les opérations de tri » effectuées par le congrès mis en place pour les réformes administratives par le nouveau gouvernement. Des opérations de tri qui ont été effectuées au grand jour, et en informant le publique, et qui à sans hésitation mis à plat le budget pour la science et la technologie: budget qui était jusqu'alors un domaine sacré, légitimé par le plan fondamental pour les sciences et les technologies ; cela a focalisé l'attention du publique. Des scientifiques de très haut niveau, dont certains nobélisables, se sont déclarés contre ceci, et des scientifiques étrangers connus au niveau mondial ont aussi fait part de leurs inquiétudes à ce sujet. Pour sa part, le Ministère de l'Education et des Sciences a reçu plus de 153000 commentaires qui ont été émis par le grand public.
Néanmoins, ce qui créa le plus grand choc, ce sont les opinions de la foule reçues par les mass media. Tous les quotidiens ont pourtant insisté dans leur éditoriaux sur l'importance du développement de la science et de la technologie, et publié leur opinions d'un ton critique contre « les opérations de tri qui demandent des réductions du budget pour la science et la technologie tout en favorisant les projets ayant des espérances de résultats rapides et des budgets étalés sur des périodes courtes » ; mais pendant ce temps, l'opinion publique jugeait à 60-70 % que « les scientifiques sont des gens arrogants », et il n'y eu pas plus de 10 % des opinions qui se montraient compatissant pour les scientifiques. Lorsque le budget pour la construction du superordinateur a été enterré, puis déterré, il y eu des commentaires d'intellectuels sur ce qui est : « une inexpérience politique si tout est décidé sans discussion de fond et simplement parce que des scientifiques ayant le prix Nobel sont intervenus. »
Le budget prévisionnel final 2010 a été annoncé en fin décembre et a révélé que certaines projets ont été stoppés dès leurs débuts, tandis que le budget concernant les recherches de base a légèrement augmenté dans son total, reflétant ainsi l'opinion publique ; cela a soulagé les intéressés ; mais il y eu des critiques qui s'élevèrent, soulignant que les processus de certaines « résurrections » n'étaient pas claires.
Nous, les intéressés qui s'occupons de financer le soutien à la recherche de base, avons tiré une leçon importante de cette suite de mouvements. Jusqu'à présent, pour nous, agence de financement, il suffisait de fournir des explications au Council for Science and Technology Policy, au Ministre de l'Education et des Sciences, et aux chercheurs qui profitent de ces soutiens. Néanmoins, l'argument utilisé auprès de l'autorité politique sur « le budget pour la science et la technologie vis à vis du PIB, qui est extrêmement moindre par rapport aux autres pays développés », n'est pas un argument suffisant pour le grand public.
L'agence de financement et les chercheurs devront désormais se mettre au niveau du peuple. Nous devrons parler de la recherche de base avec des mots compréhensibles ; énoncer sous quelle forme les résultats peuvent aider la globalité du développement de la science et la technologie dans le futur ; pourquoi cette recherche est si nécessaire ; et pourquoi il faut un budget conséquent pour cette recherche.
Financer par le JST – exemple du PRESTO
On annonce que le congrès constitué pour la réforme administrative va faire le tri dans les organisations autonome de droit public et les groupements d'intérêts public. On remettra aussi en question comment se partagent les rôles des deux entités juridiques, en tant qu'agence de financer, concernant la recherche de base : la Japan Society for the Promotion of Science (JSPS) qui s'occupe de la subvention pour la recherche scientifique, et la Japan Science and Technology Agency (JST) qui s'occupe des Basic Research Programs. On demandera aussi à ces deux organisations d'expliquer, d'une manière simple et compréhensible pour le public, les différences quand à leurs objectifs d'entreprises et de faire comprendre leurs caractéristiques propres. Je me permettrais, selon mon expérience, d'énoncer ici la différence entre les Basic Research Programs du JST (du type PRESTO, à partir d'ici abrégé en recherche PRESTO) et la subvention pour la recherche scientifique.
Depuis 2007, je suis directeur de recherche du «Materials and Processes for innovative next-generation devices (Matériaux et Processus pour dispositifs innovateurs de prochaines générations) ». C'est depuis ce jour que j'ai appris à financer cette entreprise grâce, entre autres, au financement du JST. Je n'ai cessé d'être surpris par la grande différence entre les méthodes de financement du JST et la subvention pour la recherche scientifique.
D'abord, la subvention pour la recherche scientifique est une subvention allouée aux chercheurs par le Ministère de l'Education et des Sciences, tandis que les Basic Research Programs sont des entreprises dont l'administration et le financement dépend entièrement du JST. La subvention pour la recherche scientifique est délivrée à certaines propositions, en libres sujets, de chercheurs selon le principe favorisant les sujets les plus éminents au niveau scientifique; tandis que le programme du JST est alloué aux recherches de base qui doivent être conformes au buts stratégiques proposés par le Ministère de l'Education et des Sciences ; il a pour but de développer la capacité et les moyens des chercheurs les plus éminents dans ces voies là ( je crois qu'il faudrait un point de vue populaire sur la question des buts stratégiques, mais je n'en parlerai pas ici). Le JST fixe un « domaine de recherche » selon le but stratégique à atteindre, et une personne chargée à cet effet sélectionnera un expert du domaine concerné pour le nommer « directeur de recherche », à l'aide de nombreuses auditions et d'après le cumul de ses expériences. Comme la sélection d'un directeur de recherche n'est pas un simple travail bureaucratique, il faut, pour pouvoir le faire, avoir de solides connaissances scientifiques ; c'est pour cela que, normalement, c'est un employé ayant de l'expérience dans le domaine de la recherche qui en à la charge.
Dès mon accession au poste de directeur de recherche, l'employé en charge m'a demandé de rédiger « les objectifs du directeur pour l'appel d'offres publiques » en conformité avec « le but stratégique ».
C'est essentiellement différent de la recherche scientifique des domaines spécifiques soutenue avec la subvention de la recherche scientifique, dans laquelle un représentant des chercheurs construit lui-même « le cahier des charges » pour chaque domaine.
Le processus de sélection parmi de nombreux sujets participants est important aussi. Nous effectuons la sélection en deux étapes en demandant les avis aux conseillers ou à des gens extérieurs, mais la sélection ne se fait pas par une simple collégialité; l'avis du directeur fait autorité en dernier ressort. Même si le contenu d'un sujet de recherche est excellent, s'il ne corresponde pas à « l'objectif du domaine », il ne sera en principe pas adopté et, au contraire, cela rend possible l'adoption d'un sujet de recherche qui ne le serait pas autrement. Ici l'idée de « hiérarchie pyramidale » est gardée ; c'est une différence claire avec le fonctionnement de la subvention de la recherche scientifique où la hiérarchie peut même être inversée.
Ce qui m'a encore plus étonné, est le fait que le directeur de recherche fait des visites dans tous les établissements où ont été sélectionnés des chercheurs, accompagné du conseiller technique et de l'employé du bureau, et demandent aux chefs d'établissements une attention particulière à leur environnement de recherche. Selon les organismes de recherches auxquels appartiennent les chercheurs, l'environnement de travail peut tellement varier que l'on peut parler « du jour et de la nuit » ; ce qui révèle le fait que l'on ne peut pas traiter uniformément les chercheurs, mais qu'il faut au contraire une gestion adaptée à chaque chercheur en fonction de son environnement et de ses conditions de travail.
Deux fois l'an, la recherche PRESTO organise une réunion pour chaque domaine scientifique avec comme participants le directeur, les conseillers et les chercheurs. Ce sont des réunions qui durent souvent tard dans la nuit et où l'on discute en profondeur des différents aspects des recherches en cours, avec des débats acharnés et parfois houleux tant chacun a conscience des enjeux (seul 10% des sujets, sur le total des projets, sont retenus lors des sélections ; ce qui crée une forte motivation). De plus, comme la plupart des domaines regroupent des chercheurs de différents champs d'applications, beaucoup de personnes participants à PRESTO disent que « le réseau entre les chercheurs de différents domaines construit par PRESTO, les ont beaucoup aidés par la suite dans leur recherches ». C'est une des différences avec la recherche scientifique dans un domaine spécifique financé par la subvention pour la recherche scientifique, du fait qu'il n'y a pas d'interconnexions entre les différents domaines.
Le projet de PRESTO subventionne la recherche pour un total d'environ 40 millions de jp-yens étalé sur trois ans et demi ; néanmoins pour les recherches qui sont sur le point d'obtenir des résultats, et d'après le jugement du directeur, on peut aménager un budget plus souple afin accélérer le dispositif. Le JST est un organisme de financement qui observe systématiquement les activités de recherches volontaires et les soutiennent, par exemple il favorise l'ouverture d'ateliers quand ils sont proposés par des chercheurs. La différence est très visible vis-à-vis de la subvention de la recherche scientifique qui est, elle, juste distribués ; sans aucun soutien par la suite.
Beaucoup de chercheurs développent leurs activités de recherches grâce à ce soutien et deviennent des chercheurs de premier plan qui contribuent activement à l'innovation dans notre pays. Il est vrai que le soutien du PRESTO coûte relativement cher par rapport à la subvention de la recherche scientifique, mais j'espère que le publique comprendra que ce système soutient sur le long terme les capacités de recherches nécessaires à notre pays, et qu'il recevra à l'avenir le soutien qu'il mérite de la part de son peuple.
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